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FOCUS SUR ...

 

KALIDOU KASSE

D’origine toucouleur, mais né en 1957, du côté de Diourbel, au cœur du Baol, Kalidou Kassé, surnommé le pinceau du sahel est, sans conteste, l’artiste plasticien qui a réussi la prouesse d’être aussi bien connu à l’extérieur qu’à l’intérieur de son pays.Qui disait que nul n’est prophète dans son pays ? Rien d’étonnant à cela puisque, d’un bout à l’autre de la planète, partout où cet artiste prolifique a exposé, on s’arrache ses œuvres...l

Alfred Mendy
Paru dans le journal 221

Voir plus d'infos : http://www.kalidoukasse.com

 

 

 
 

  Nu et Religion  
 

Le nu et la religion font-ils bon ménage? Les religions tolèrent-elles la représentation de corps nus?
Chez les catholiques, sans aucun doute: depuis des siècles, des enfants Jésus potelés ravissent les couvents, le martyre de Saint Sébastien percé de flèches est devenu emblématique, et le mariage mystique de Sainte Catherine a des odeurs d'extase profane. Chez les protestants, c'est moins le cas; pour les orthodoxes, je ne sais pas. Nul besoin de vous montrer ici le nu dans les cultures asiatiques, du Kama Soutra hindou aux estampes japonaises en passant par bouddhisme et confucianisme.

Mais l'Islam? Religion presque toujours puritaine et où, de plus, la représentation de la figure humaine est prohibée? Certes, il y eut de ravissantes miniatures persanes, parfois turques. J'ai aussi découvert un jour dans le désert entre Amman et l'Irak, la villa de campagne d'un calife omeyyade du VIIIème siècle aux fresques étonnantes, dont cette femme au bain.

Ousmane Ndiaye Dago est sénégalais, musulman et photographe.

Il photographie des femmes nues. Pas vraiment nues, en fait. C'est un sujet délicat, dit-il, à cause de la religion, le corps nu dérange. Alors, il les habille, de terre, d'argile, de charbon, de cendre, de peinture, il dessine sur leur corps des arabesques de boue, il les voile parfois d'un souffle translucide qui n'a rien d'un tchador. Et jamais il ne montre leur visage, jamais. Photographies de corps féminins peints, comme des sculptures: quel art est-ce là? Une vidéo sur son site montre Dago à l'oeuvre, "sculptant" ses modèles.
Corps pétris, terre ocre avec laquelle leur peau a été amoureusement massée, casques de chevelure tressée masquant les visages. Corps maculés, éclaboussures. Corps ornés de colliers de verroterie, de ceintures en perles, de voiles dévoilant, dénudant.
Voyez-vous les trois Grâces, les bacchantes dansant, leurs mains tordues vers le ciel, les vestales blanchies accomplissant une mystérieuse cérémonie? Femmes africaines, diamants noirs. Universelle mythologie, universelle volupté. Les nus de Dago sont plus forts que la mort, plus forts que la religion.

 

Ndary Lo ramasse, entasse des objets récupérés, qu'il soigne, triture et détourne au grès des circonstances.

 

Ndary Mbathio Lo est né le 9mai 1961 à Tvouane (Sénégal).
De 1985 à 1988, il poursuit à l’université Cheikh Anta Diop, à Dakar, des études de lettres département d’Anglais.
Puis jusqu’en 1992, il suit l’enseignement de l’école nationale des beaux arts de Dakar (ENBA).
De 1992 à 1994, il effectue des stages avec des artisans sénégalais.
Depuis 1996, il participe à diverses expositions collectives à travers l’Europe, l’Amérique et l’Afrique.
En 1999, il est lauréat du grand prix du chef de l’Etat pour les Arts.


Expositions personnelles :
2002 : L’Art en marche. Musée DAPPER, Paris
2000 : MAJT DE Lille avec l’AFAA.
1998 : Centre Culturel Français de Saint-Louis.
1996 : Musée des Arts Africains, IFAN, DAKAR
Centre Culturel Français de Saint-Louis.

Expositions collectives :
-Unos mas cerca del otro. Septième biennale de la Havane, CUBA.
-L’Afrique à jour. Lille 2000.
-Brest-Berlin-Dakar.Fondation Frederick Hebert
-Biennale DAKAR 2000,
-Musée Episcopal, HAÏTI.
-L’homme qui marche, PARIS et LA HAYES.

Article paru dans www.africultures.com

 
© Dago 2003
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